Affirmations des opposants
- Derrière d’autorisation de l’aide à mourir, il y a l’intention de réduire le coût des soins, y compris des soins palliatifs
- Ce dispositif favorisera des héritiers profiteurs.
- Laisser entendre à la personne âgée ou malade qu’elle coûte cher est une incitation souterraine à lui faire envisager l’aide à mourir.
Position du Choix
L’objectif de l’autorisation d’une aide à mourir est, avant tout, de répondre à une forte demande sociétale, d’accorder davantage de liberté et d’égalité aux citoyens et non pas de réduire les coûts.
Certes, une aide à mourir coûte beaucoup moins cher que le maintien en vie de malades. La dernière année de vie coûte globalement 10 fois plus que la moyenne du reste des Français (chiffre de l’agence maladie en 2008).
Mais à ceux qui affirment que le but caché de l’aide à mourir est de faire des économies, on peut répliquer que l’écosystème de soins est très lucratif, que les personnes âgées rapportent de l’argent et que la motivation des opposants serait la peur d’une perte de revenus ou d’investissements futurs. En bref, la peur que si les seniors meurent plus tôt, la manne de l’or gris diminue.
En fin de compte, concernant les aspects économiques de l’application d’une loi sur l’aide à mourir, on ne peut pas recourir à des arguments fondés uniquement sur des procès d’intention. Les effets seront sans doute bénéfiques financièrement pour certains et défavorables pour d’autres, mais ça n’est pas l’objectif de cette loi et il serait malhonnête d’en faire une des motivations principales.
Il faut en effet relativiser l’impact sur les coûts de l’aide à mourir. Il serait certainement faible en France étant donné qu’après 20 ans de pratique, les euthanasies représentent seulement 3,1% des décès en Belgique.32
Inversement, maintenir en vie coûte que coûte des patients en fin de vie a un coût pour la société en termes de financements publiques. Comment peut-on justifier des dépenses contre la volonté de ceux qui souhaitent mourir ?
Autoriser l’aide à mourir contribuera à réduire le risque d’héritiers profiteurs, dans la mesure où un cadre strict et une commission de contrôle seront garants de la volonté réelle du patient. Un tel contrôle représentera un progrès par rapport à la situation actuelle avec 2000 à 4000 décès par an dus à des euthanasies clandestines menées sans aucun contrôle (chiffres estimés par le CESE sur la base d’une enquête).33
Un patient en fin de vie, ou atteint d’une maladie incurable, peut certes se sentir coupable de coûter cher à ses proches et à la société, mais prétendre que c’est la principale motivation d’un désir de mort, c’est prendre le risque d’une interprétation abusive et c’est nier que l’intensité des souffrances peut supprimer le désir de vivre. C’est faire preuve d’un manque cruel d’empathie et de compassion.
La plupart du temps au contraire, la pulsion de vie et la peur de la mort sont plus fortes qu’un sentiment de culpabilité, et un médecin interrogeant, sans à priori, un patient souhaitant mourir sous prétexte qu’il coûte cher, pourra déterminer grâce à une écoute attentive, si ce dernier désire en réalité continuer à vivre. Il ne donnera pas suite le cas échéant, au vœu exprimé.

