Affirmations des opposants
L’aide à mourir entraîne forcément des dérives.
Si l’aide à mourir est autorisée, de plus en plus de personnes y auront recours.
Si l’aide à mourir est dépénalisée le nombre de demandes accordé augmentera. On l’étendra à des situations de plus en plus nombreuses, et à des catégories telles que les mineurs et les cas psychiques.
Position du Choix
Les opposants utilisent le terme dérive de façon très subjective sans indiquer à quelle norme ils se réfèrent.
Nous affirmons qu’une dérive est une pratique qui ne respecte pas une loi qui a été votée au parlement après débat contradictoire.
C’est actuellement qu’il y a des dérives en France, des actes qui ne respectent pas la loi :Les personnes qui souhaiteraient une aide active à mourir à cause de leurs souffrances insupportables et inapaisables ne peuvent l’obtenir que dans la clandestinité.
D’après le CESE, 2000 à 4000 décès par an seraient dus à des gestes d’euthanasie7 ; ces actions sont contraires à la loi et menées sans aucun contrôle.
La réponse aux dérives ne devrait jamais être d’interdire une pratique, mais de mettre en place une législation qui protège contre les dérives et de s’assurer que les règles édictées soient respectées. La Belgique en est un bon exemple : la preuve du bien-fondé de leur approche est qu’il n’y a eu qu’un seul procès et aucune condamnation après plus de 20 ans de pratique.
Dès lors qu’un droit est donné, et qu’il répond à un besoin réel, il est évident qu’il y a des demandes et que le nombre de demandes augmente avec la connaissance de ce droit. Ne confondons pas extension des droits avec dérive. Rejeter une action en supposant qu’elle entraînera une réaction en chaîne aboutissant à une ou plusieurs fins indésirables est une forme de rhétorique qu’on nomme « la pente glissante ». Son but est de faire peur mais il s’agit d’une erreur de raisonnement parce qu’autoriser A n’implique pas forcément qu’on va autoriser B puis C, etc. Les conditions d’application d’une loi ne peuvent pas être modifiées sans débat parlementaire, et les députés et sénateurs sont légitimes à les faire évoluer si cela s’avère nécessaire.
Citations
Raphaël Enthoven, philosophe :
« La nature humaine n’a pas attendu la loi pour produire des gens sans scrupule : l’hypothèse du mauvais usage d’une liberté n’est pas un argument contre l’attribution de cette liberté. » 8
Martine Lombard, Professeure émérite de droit public, dans son article : « Juristes, n’agitons pas des peurs sans fondement à l’égard de l’aide à mourir », écrit :
« Finalement la peur la plus agitée est celle de la classique pente glissante. La proposition de loi sur l’aide à mourir n’est pas critiquée pour ce qu’elle contient mais pour ce qu’elle…pourrait contenir. » 9
Références
7 Avis n° 2018-10 du Conseil économique, social et environnemental, 10 avril 2018 – Retour
8 Franc Tireur n°159, 27/11/2024 – Retour
9 Article de Martine Lombard « Juristes, n’agitons pas des peurs sans fondement à l’égard de l’aide à mourir » : https://www.leclubdesjuristes.com/opinion/juristes-nagitons-pas-des-peurs-sans-fondement-a-legard-de-laide-a-mourir-10870/ – Retour

