100 % des euthanasies conformes à la loi en 2025 : l’ADMD veut préserver l’intégrité du dispositif en lui garantissant les moyens nécessaires
La Rédaction de l’Avenir – Publié le 15-04-2026 à 16h35Elle se félicite : « La loi belge fonctionne. Elle fonctionne parce qu’elle est encadrée, contrôlée, et parce que les conditions légales sont respectées rigoureusement. Aucun dossier n’a été transmis au procureur du Roi. »
4 486 euthanasies déclarées en 2025, c’est 12,4 % en plus qu’en 2024
Selon l’ADMD, le nombre de 4 486 euthanasies enregistrées en 2025 montre que l’euthanasie est loin d’être une mode. « Cette évolution traduit une réalité profonde : de plus en plus de personnes choisissent de mourir dans la dignité, entourées, et selon leurs propres termes.«
Elle souligne la persistance de l’écart Nord-Sud : « 75,3 % des déclarations sont rédigées en néerlandais, 24,7 % en français. Même si la progression est proportionnellement plus forte du côté francophone (+ 16,6 % contre + 11,1 %), l’écart reste important.«
Qui a recours à l’euthanasie en Belgique ?
La majorité des patients ont plus de 70 ans (73,7 %), et 45 % ont plus de 80 ans. L’euthanasie reste exceptionnelle avant 40 ans (1,4 % des cas). La répartition hommes/femmes est quasi équilibrée : 52,2 % de femmes, 47,8 % d’hommes.
Les affections les plus fréquentes sont les cancers (49,9 %) « en légère diminution proportionnelle, mais le nombre absolu augmente », commente l’asbl. Les polypathologies (29,6 %) la progression la plus marquée de 2025 (+ 2,8 points). Les maladies neurologiques (SLA, etc.) sont stables, à 8,2 %, stables, et les affections psychiatriques (1,6 %) restent rares, et toujours dans le cadre légal strict.
L’ADMD remarque que souffrance psychique ne signifie pas maladie psychiatrique. « Un patient atteint d’un cancer physiquement contrôlé peut souffrir profondément de la perte de son autonomie ou de sa dignité. La loi le reconnaît.«
Mourir chez soi, une volonté
67,1 % des euthanasies ont lieu dans le lieu de vie du patient — domicile ou maison de repos, souligne l’ADMD.
48,5 % se déroulent à domicile. « Ce sont les médecins généralistes qui jouent le rôle central : 72,8 % des médecins déclarants, premiers interlocuteurs et principaux praticiens de l’acte. »
Il faut soutenir la Commission euthanasie
L’asbl se félicite de l’intégration du secrétariat de la Commission euthanasie (CFCE) au SPF Santé publique, et de la relance du formulaire électronique.
Mais elle est inquiète : « La charge administrative est colossale : près de 400 dossiers par mois. Les capacités ne suivent pas. Sans revalorisation des rémunérations des membres, le renouvellement du mandat en 2027 risque de manquer de candidats — mettant en péril le contrôle démocratique de la loi » ajoute l’ADMD.
Elle milite encore pour la création d’un vrai département euthanasie, doté de ressources scientifiques, pédagogiques et administratives pérennes : « Sans moyens suffisants pour contrôler et encadrer cette pratique, c’est l’intégrité même du dispositif qui est menacée.«







