Affirmations des opposants
- Quand l’individualisme prédomine, c’est au détriment des valeurs collectives.
- Accorder le droit à l’aide active à mourir relève d’une conception de la société où prévaut la liberté individuelle au détriment d’une société fraternelle où l’individu en détresse est soulagé de ses souffrances physiques et morale.
- Accorder un droit au suicide, qui plus est assisté, trouble la réponse sociale qui est d’abord celle de la prévention et qui interdit l’incitation au suicide.
Position du Choix
Plutôt que mettre l’accent sur une supposée incompatibilité entre liberté individuelle et valeurs collectives, il nous paraît possible et pertinent de garantir le libre choix de chacun tout en respectant les valeurs de fraternité et solidarité au sein de la société.
Rappelons que presque tous les progrès sociétaux sont des extensions de la liberté individuelle : le développement des droits de l’homme, le droit de vote pour les hommes et les femmes, le droit à une égalité de traitement, la contraception, l’IVG, etc.
De nombreux témoignages révèlent un accompagnement très présent des proches et des amis lorsqu’une aide à mourir est rendue possible. Cette assistance est vécue comme une véritable preuve d’amour et de fraternité.
On ne peut nier qu’il existe des maladies incurables qui provoquent des souffrances inapaisables : n’est-il pas cruel de laisser au bord de la route des personnes avec de telles souffrances ? La fraternité et la compassion imposent, plutôt, de se comporter en bon samaritain et de secourir ces personnes même quand la seule solution est de répondre à leur désir de mourirLa plupart des Français savent faire la nuance entre prévention des suicides et suicide assisté. Il s’agit d’une part, de combattre les tendances suicidaires de toute personne ayant encore le potentiel d’une vie agréable, et d’autre part, d’aider le suicide des personnes qui le souhaitent parce que leur seule perspective est une vie de souffrance, pire que la mort.
Citations
Raphaël Enthoven, philosophe :
En réponse à ceux qui disent que le projet de loi autorisant l’aide à mourir n’est pas un texte pour la fraternité il demande « Que voulez-vous dire exactement ? […] Que le soignant qui, au péril de son emploi, délivre des produits létaux, veille au dosage, écoute, accompagne, soutient et exauce le souhait du patient n’est pas fraternel ? Que les 80 % de français, au moins, qui appellent de leurs vœux l’aide active à mourir sont de égoïstes qui méprisent leur prochain ? » 10
« Ce n’est pas toujours le défaut de soins, mais la maladie elle-même qui pousse le gens à vouloir quitter ce monde. La douleur d’être prisonnier de son corps n’est pas soluble dans la morphine. On ne guérit pas à coup de bienveillance le désespoir d’être aphasique, tétraplégique ou même impotent. Chacun ses limites. » 11

