La sédation profonde et continue serait la réponse à toutes les douleurs ? Si je comprends bien c’est ce que vous maintenez. Je suppose que vous avez pourtant lu le livre « LOI CLAEYS-LEONETTI SES ERREURS ET SES INSUFFISANCES » publié par l’association Le Choix, citoyens pour une mort choisie. Tous les témoignages qu’on y trouve, suffisent pour comprendre que la loi actuelle ne suffit pas. Moi, du fait de mes années de travail en EHPAD, la sédation profonde et continue, je pourrais en raconter aussi. On peut souhaiter n’importe quoi à son pire ennemi mais pas à quelqu’un qu’on aime. Encore moins pour soi.
La volonté n’est pas la liberté… D’où cela sort-il ? Et quant au fait de changer d’avis… Dieu merci, on n’est pas que des imbéciles, nous non plus, mais quel rapport ? On a le droit de changer d’avis, bien sûr. Si vous êtes belge et que vous êtes favorable au droit à l’euthanasie, rien ne vous obligera à passer par cette case-là. La loi vous aura quand même rassuré(e).
Non, personne n’envoie à personne l’idée qu’il serait préférable de mourir. C’est du fantasme, ça, ou de la mauvaise foi. A moins de ne rien connaître de l’application de la loi belge, mais vu que vous vous intéressez au sujet depuis quelques années, j’ai un doute. Ce sont les personnes souffrantes elles-mêmes, pas les autres, qui peuvent faire une demande pour qu’on les aide à mourir dans certains cas. En revanche, actuellement je me demande si en France, ce ne serait pas le contraire qui se passe, parfois. S’il vous plait docteur, mamie, là… j’attends pour partir vivre à l’Etranger donc… Avec des remerciements. Cela ne se fait pas ?
En Belgique, on tuerait son semblable ? C’est tout le contraire à mon avis. Tuer, c’est faire mourir d’une mort violente. Assassiner. Eliminer… On élimine ce qui nous gêne. Un docteur belge très humain ne sera jamais dans cet esprit-là. Ce sont de drôles de mots sortants de la bouche d’un soignant. L’idée ne me serait pas venue dans ce débat, où il n’est question que d’humanité. Abréger la vie à cause des souffrances inapaisables et insupportables, de manière préparée avec les siens car programmée. C’est l’αλφα et l’ομεγα si l’on veut comparer cela aux suicides made in France : sous un train, sautés d’un pont, au fond d’un puits, ou avec un fusil dans une chambre d’hôtel etc… C’est aussi autre chose qu’une sédation profonde et continue, où l’on suggèrera à la famille de rester à distance… le temps qu’il faudra, ils seront prévenus dès que… pour ne garder qu’un bon souvenir de la mamie !!! Terrible.
Vous dites que vous ne pouvez ne pas complètement éliminer l’autre… cela voudrait-il dire que vous accepteriez l’idée de les éliminer un peu quand même ? Merci du peu. Vous voudrez bien éventuellement m’éliminer un peu mais pas complètement, c’est très rassurant, cela me va droit au cœur ! Si c’est votre amour des autres qui vous inspire cela, vous pourriez préciser votre amour des autres ou de ce qu’il en reste, pour être plus précis. Complet. Moi non je n’en suis pas là, déjà mon affect n’entre pas dans les paramètres. L’affect ne veut pas toujours dire respect. Le respect des derniers choix de vie d’une personne prévaut par rapport à ce que l’on pense de ses choix. Pourquoi diable serait-on, en 2023, en France, à moins d’avoir un bon ami vétérinaire, pourquoi serions-nous, nous autres, obligés de souffrir pour rien ? Enfin pas exactement, s’il y en a à qui cela profite, mais quand même.
J’espère que vous ne m’en voudrez pas pour mon franc parler, normalement il n’y a pas de raison. Le mensonge n’étant pas ce qui rend une personne plus digne d’être entendue dans un débat relatif la vie humaine.
Avec mes respects,
M.J. Lec…









Un médecin Monsieur LEONETTI??? Quelle honte !!! Quelle horreur !!!
Voici un courrier que j’ai adressé à Emmanuel Macron peu après sa première élection. J’ai reçu une réponse polie de son directeur de cabinet m’informant que mon courrier avait été transmis à la Ministre de la santé de l’époque…J’avais antérieurement adressédes courriers similaire à Monsieur Leonetti
《Monsieur le Président de la République,
J’ai placé beaucoup d’espoir dans votre élection. Je suis heureux que la France ait un président jeune (l’âge de ma fille!) et courageux. J’espère beaucoup que vous réussirez dans la tâche difficile que les français vous ont confiée. Toutefois je suis très déçu lorsque j’entends les propos de votre Ministre de la santé Agnès Buzin qui s’exprime sur la fin de vie et qui semble laisser peu d’espoir sur une réelle évolution de la loi actuelle Clays-Leonetti. Pour que vous compreniez mieux la raison de ma déception je vous propose de vous mettre pendant quelques instants dans la terrible situation à laquelle j’ai dû faire face il y a une dizaine d’années.
Imaginez que l’être qui vous est le plus cher au monde, votre épouse, souffre depuis des années d’une longue maladie, un cancer par exemple. Elle se bat, vous vous battez avec elle, opérations douloureuses successives, radiothérapies, chimiothérapies… Vous y croyez, elle va se sortir de là et puis rechute après rechute l’espoir s’amenuise jusqu’à disparaître. Vous avez posé la question à l’oncologue : combien de temps reste-t-il ? : une semaine, un mois quelques mois…Il ne sait pas mais la fin approche, irrémédiable, et la souffrance est là depuis longtemps mais elle s’accroît. La tumeur est proche de nerfs très sensibles, la douleur neuropathique intense ne peut être soulagée et votre femme souffre de plus en plus, qu’elle soit assise, couchée ou debout, quelque soit la position. Elle ne peut presque plus marcher et vous savez que son état ne peut maintenant que continuer d’empirer, devenir insoutenable.
Dès le début de sa maladie votre femme vous a fait part de son souhait, si un jour la vie ne veut plus d’elle, de pouvoir partir doucement, tendrement en vous serrant la main lorsque qu’il n’y aura plus d’espoir et que sa vie sera devenue une souffrance insoutenable. Elle ne veut pas entrer dans un centre de soins palliatifs car l’idée de rentrer dans une telle structure en confiant sa fin à d’autres et en sachant qu’elle ne pourra plus rien maîtriser lui est insupportable !
Alors en l’état de la législation française actuelle, que ferez-vous face à cette femme que vous aimez plus que tout et qui vous supplie les yeux dans les yeux de l’aider à vous quitter, à quitter ce monde sereinement, calmement ? Quel choix ferez-vous Monsieur le Président ?
Vous pourrez détourner le regard, vous dire que vous ne pouvez pas l’aider comme elle le souhaite mais le remord vous rongera le restant de votre vie. Vous pourrez essayer de l’emmener à l’étranger dans un pays où ce choix est possible mais c’est très compliqué et encore faut-il que vous en ayez les moyens financiers et qu’elle puisse supporter le voyage. Vous pourrez rechercher la complicité d’un médecin français mais encore faut-il en connaître un dans vos relations qui ait suffisamment d’humanité et de courage pour l’aider car il risque gros en l’état de la législation actuelle… Enfin, si aucune de ces solutions ne vous semble possible et si vous avez beaucoup d’amour et de courage, vous pourrez alors l’aider seul à mourir. Il vous faudra trouver un moyen non violent, vous serez totalement seul à assumer cette décision et la justice pourra vous condamner pour l’avoir aidé…
Voilà le terrible choix devant lequel je me suis trouvé il y a une dizaine d’années. Je vous souhaite de ne jamais vous retrouver dans pareille situation mais qu’auriez-vous fait à ma place Monsieur le Président ?
J’espère de tout cœur que vous serez le Président de la République qui permettra enfin l’élaboration d’une loi autorisant, en complément des soins palliatifs, la possibilité, pour les malades en fin de vie qui le souhaitent, de bénéficier d’une aide active à mourir. La loi actuelle n’apporte aucune solution à la terrible situation exposée ci-dessus. Elle ne propose que la solution de sédation profonde aux personnes qui se retrouvent agonisants à quelques jours de leur mort dite naturelle alors que c’est justement ce que certains citoyens refusent. Ils veulent pouvoir partir avant d’en arriver à ce terme qu’ils jugent inacceptable. De quel droit leur refuse-t-on cette ultime liberté qu’il n’est bien sûr pas question d’imposer à quiconque ? Avec la loi actuelle il ne reste toujours que l’exil ou la clandestinité pour qu’ils puissent partir comme ils le souhaitent. Une grande majorité d’entre eux n’a d’ailleurs d’autre issue que de mourir dans des conditions qu’ils refusent. C’est pourquoi il faut laisser la possibilité à chaque française et à chaque français qui se retrouve en fin de vie de pouvoir choisir librement les modalités de sa mort.
Voilà Monsieur le Président le message que je souhaitais vous adresser. J’espère qu’il passera le filtre de vos services et que vous pourrez le lire vous-même car je suis certain que vous comprendrez ce que j’ai vécu.
Veuillez agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de ma respectueuse considération.》