Dès la reprise des débats à 21h30 ce mardi 23 juin, un amendement a été adopté, excluant les médecins du processus d’administration de la substance létale. Une victoire pour les opposants au texte, une incohérence pour les autres. L’article 2 a finalement été adopté par 124 voix contre 102.
Qui eut cru que ce médecin et philosophe de l’Antiquité grecque, Hippocrate, connu pour le serment qu’il a inspiré aux médecins, remette en cause un article majeur de la proposition de loi visant à créer un droit d’aide à mourir débattu actuellement à l’Assemblée ? Car c’est bien en son nom, et par respect pour ce texte fondateur de la déontologie médicale, que les députés ont voté un amendement qui bouleverserait pour le moins l’application de la loi si elle était votée en l’état.
Il est plus que jamais essentiel que notre pétition de médecins recueille rapidement un nombre significatif de signatures. Nous appelons donc tous les médecins favorables à une aide à mourir encadrée à signer cette pétition afin qu’elle puisse être transmise dans les meilleurs délais à l’Assemblée nationale.
Voici le texte du message envoyé à la députée Marie-France Lorho :
À : marie-france.lorho@assemblee-nationale.fr
Objet : amendement 221
Objet : amendement 221
Madame la Députée,
Je suis profondément choquée par cet amendement 221 déposé par vous et quelques-uns de vos collègues du RN. Amendement qui vise à s’assurer que les médecins ne violent pas le serment d’Hippocrate…
Comment peut-on être aussi imperméable à la souffrance d’autrui ? Croyez-vous qu’il soit utile d’encore limiter l’effet de ce texte de loi déjà ad minimum ? Savez-vous qu’une majorité de soignants est prête à répondre aux demandes de Français malades sans espoir ? Savez-vous que des médecins courageux prennent des risques actuellement pour ne pas abandonner leurs patients ? Savez-vous que la loi sur les soins palliatifs ne va pas régler les problèmes qui perdurent depuis des années d’un coup de baguette magique ? Savez-vous combien de fois le serment d’Hipocrate a été revu, modifié depuis le texte d’origine ?
Et vous, Madame, que ferez-vous si un jour vous endurez une maladie de Charcot, un cancer métastasé, ou une maladie d’Alzheimer débutante, si vous demandez à être aidée et qu’à cause de ce texte, personne ne puisse, ou veuille, vous aider ?
Rassurez-vous, Madame, dans les pays ayant légiféré nulle dérive, nulle course à l’héritage, nulle peur des médecins d’entendre et de répondre à des femmes et des hommes qui n’en peuvent plus de souffrir ! Dans ces pays, la grande majorité des décès n’est pas liée à une aide à mourir, mais au moins celles et ceux qui en ont besoin peuvent en faire la demande.
« Liberté, Egalité, Fraternité » … Trois mots dont j’ai été fière, mais qui semblent dénaturés par l’attitude de certains élus.
Veuillez agréer, Madame la Députée, mes salutations distinguées.
Nathalie Andrews








