MON frère, Frank D’Arcy, avait un cancer en phase terminale. Il a récemment choisi de mettre fin à ses jours avec l’aide à mourir volontaire.
Frank a suivi un traitement et essayé toute la gamme d’analgésiques, mais il a récemment atteint le stade où il pouvait à peine marcher et ne pouvait pas contrôler sa douleur. Sa plus grande peur était d’avoir à aller dans un établissement de soins.
Frank s’est battu si fort pour conserver son indépendance, essayant quand il le pouvait de faire un court trajet dans la rue sur sa trottinette électrique pour acheter des cigarettes. Il voulait vivre – avoir du temps avec ses enfants et petits-enfants. Il voulait voir les Cygnes gagner une autre grande finale et aller pêcher avec ses copains à l’Anglers Club. Mais quand tout est devenu trop difficile, il a choisi la loi pour mettre fin à sa vie.
Le parcours de Frank a commencé il y a environ deux ans. Après la réapparition du cancer et le pronostic entre 18 mois et 3 ans, il voulait avoir la possibilité de mettre fin à sa vie au moment de son choix.
Frank a pris rendez-vous avec le navigateur (personne facilitant le contact avec les médecins et le déroulement de la demande) de l’Aide à mourir, et m’a demandé à moi, mon autre frère et une de ses filles d’aller avec lui. Le navigateur a dû attendre que Frank explique qu’il était là pour accéder au système permettant l’aide à mourir. Cela fait partie de la législation actuelle : les praticiens ne pouvant pas proposer l’aide à mourir comme choix.
La législation a changé. À partir d’avril 2027, les praticiens pourront évoquer l’option de l’aide à mourir pour les personnes atteintes d’une maladie en phase terminale, ainsi que le traitement et les soins palliatifs.
Avant d’avoir accès à l’aide à mourir, trois médecins accrédités (c.à.d.ayant suivi une formation) devaient confirmer (1) qu’il était capable de prendre cette décision ; (2) qu’il souffrait effectivement d’une maladie en phase terminale ; et (3) que son pronostic était de six mois ou moins. Le navigateur a identifié les médecins et nous a aidés à organiser les rendez-vous.
Heureusement, la clinique de médecins généralistes à laquelle Frank s’est rendu disposait d’un médecin accrédité. Le navigateur a ensuite identifié l’oncologue. Au début, cet oncologue n’a pas voulu confirmer le pronostic à six mois. Il a fallu 12 mois supplémentaires à l’oncologue pour confirmer l’admissibilité de Frank à l’aide à mourir.
Ensuite, le navigateur a organisé le troisième rendez-vous avec le médecin accrédité, cette fois une visite à domicile. Encore une fois, le médecin a dû attendre que Frank explique son choix. Ce médecin nous a ensuite parlé du processus. Il a également expliqué l’option d’un processus médicalement assisté si Frank en était arrivé au point de ne pas pouvoir avaler, mais avait tout de même la compétence nécessaire pour indiquer son choix. Après cette visite, le dossier de Frank a été approuvé.
Un pharmacien est venu chez lui avec un conteneur en plastique dans lequel était une boîte verrouillée. Le pharmacien a expliqué à nouveau le processus. Il a demandé à mon frère de montrer qu’il pouvait avaler en 30 secondes le liquide après qu’il aurait mélangé la poudre létale : « comme si c’était un shot de tequila ».
Puis vint le jour où Frank décida de mettre fin à ses jours. Ce jour-là, il s’est assis avec moi, mon autre frère, ses filles et plusieurs petits-enfants qui étaient venus dire au revoir.
Mon frère avait organisé la date et le format de sa veillée funèbre la semaine suivante, ainsi que ce qui allait arriver à son corps. Il contrôlait non seulement sa mort, mais aussi les arrangements pour après sa mort.
Il a commencé le processus en prenant un anti vomitif et un relaxant. Une heure plus tard, lorsque le liquide a été versé dans le bocal avec la poudre létale, il l’a secoué comme s’il s’agissait de maracas. Il nous a tous demandé de faire de même. Après avoir pris le médicament, assis dans son lit, il a continué à parler, nous disant combien il nous aimait tous, et s’est lentement endormi.
J’ai été témoin d’autres morts : elles ont été dures. Ils ont eu de longues périodes avec cette respiration de râle de mort qui est si douloureuse à entendre – quand on attend chaque fois que la respiration s’arrête pendant quelques secondes pour voir si elle va recommencer. Puis finalement ce n’est pas le cas et c’est la fin.
Avec Frank, cela ne s’est pas produit. Il s’est simplement allongé en arrière, a fermé les yeux et après un petit moment, sa respiration s’est arrêtée. Il est mort de la manière qu’il avait choisie.
La procédure était assez simple pour Frank. Cependant, j’ai appris qu’il y a des obstacles. Par exemple, il n’y a pas d’accès au système de Télésanté pour les personnes qui ne peuvent pas se rendre à un rendez-vous chez le médecin. Certains hôpitaux et maisons de retraite ne permettent pas aux gens d’accéder à l’aide à mourir dans leurs locaux.
Les modifications apportées à la législation qui seront introduites en avril 2027 exigent que les praticiens opposants fournissent à un patient des informations de base minimales et le conseillent sur la façon de trouver un prestataire d’assistance. Cela permettra à plus de personnes d’avoir un contrôle sur la manière dont elles vivent avec une maladie en phase terminale et aussi le moment de leur mort.
Mag d’Arcy
Source : « The Mornington News « – 2 juin 2026 / VAD Media Watch








