CONCERNANT LA LOI SUR LA FIN DE VIE,
LE SÉNAT A-T-IL UNE ATTITUDE DÉMOCRATIQUE ?
On peut en douter

Comme l’a expliqué Denis Labayle lors de son intervention du 12 janvier 2026 sur FranceInfoTV :
► Compte tenu du report régulier du débat qui devait commencer le 9 octobre avec l’ensemble des sénateurs, une période libre, sans analyse du budget.
► Compte tenu des conclusions de la commission sénatoriale :
• qui fait fi du souhait des Français qui, à plus de 80 %, réclament le droit de choisir leur fin de vie (voir les multiples enquêtes d’opinion depuis vingt ans)
• qui fait fi des conclusions de la Convention Citoyenne qui a conclu à 75 % des participants en faveur du suicide assisté et de l’euthanasie
• qui fait fi des votes des députés qui à deux reprises, en avril 2021 et en mai 2025 ont voté pour l’Aide active à mourir.
Une mascarade
En juillet, la commission sénatoriale des affaires sociales a choisi d’auditionner uniquement des opposants à l’euthanasie pour le Canada et les Pays Bas, deux pays où la pratique a été approuvée démocratiquement.

Pour faire un parallèle, imaginez qu’une institution parlementaire d’un pays qui étudie un projet de loi en vue d’autoriser l’avortement décide de s’appuyer sur l’expérience de la France et choisisse pour cela d’auditionner uniquement une personne opposée à l’avortement !
En septembre, la commission sénatoriale des affaires sociales a reçu les représentants des trois associations favorables au choix des malades, en fin de journée. Seulement trois des dix membres de la commission étaient présents, sans le président de la commission, et avec les deux rapporteurs qui annoncent dès le début qu’ils ne pourront rester jusqu’à la fin…
Rien à voir avec le travail sérieux de la commission équivalente de l’Assemblée nationale
Une mascarade
La commission propose tout simplement un « détricotage » de la loi votée par les députés et s’inscrit dans la continuité de la loi Claeys-Leonetti.
Il n’est plus question de « stade avancé de la maladie ».
On revient aux mêmes critères extrêmement restrictifs de la loi de 2016 : « court terme, état pré-mortem.»
Sans compter des amendements plus que surprenants :
- Délit d’entrave à la loi supprimé pour devenir l’inverse : délit de publicité et de propagande
- Extension de la clause de conscience pour les pharmaciens et pour tous les professionnels susceptibles de participer aux réunions collégiales
- Implication d’un officier de justice au côté du médecin
- Commission de contrôle entièrement entre les mains du seul Conseil de l’Ordre des médecins. Exclusion des associations…qu’elles soient ou non en faveur de l’Aide médicale à mourir.
Bref : il est temps de réagir !
Le Choix a envoyé à l’ensemble des sénatrices et sénateurs une lettre rappelant nos principaux amendements.
À vous de jouer : écrivez à votre sénateur !
Vous souhaitez commander un pendentif de non réanimation ?
HOMMAGE À MONIQUE BERTHOMÉ-BEL
Je suis envahie de toutes sortes de sentiments : la tristesse, la colère, le soulagement, la reconnaissance…
Je suis triste parce que Monique, Monique Berthomé-Bel, qui était depuis « toujours » une militante de l’évolution de la loi française vers la dépénalisation d’une aide à mourir, n’est plus là, à mes côtés pour faire vivre notre association en Loire-Atlantique.
Je suis en colère parce que, faute d’une loi humaine sur la fin de vie en France, Monique se sachant atteinte d’une maladie neuro-dégénérative à l’évolution difficilement prévisible, a dû partir en Belgique avant d’atteindre un stade qui ne le lui aurait plus permis.
Je suis soulagée parce que, bien que contrainte de s’exiler par l’absence d’une législation satisfaisante, elle a fini de souffrir et de s’angoisser ; Monique était volontaire et déterminée : jeudi 8 janvier, elle a reçu, avec le sourire, le dernier soin qu’elle avait choisi.
Je suis reconnaissante à nos amis belges de continuer de procurer ce dernier soin aux malades français dont la situation entre dans le cadre de leur loi. Je suis aussi reconnaissante à Monique d’avoir été là pour œuvrer ensemble à diffuser nos informations et tenter de faire évoluer la loi française et, grâce à sa capacité d’écoute, d’avoir pu respecter la liberté de chacun·e : ainsi, elle a accompagné sa meilleure amie qui a terminé sa vie dans un service de soins palliatifs, même si ce n’était pas son choix personnel. Tout comme, fin 2023, elle avait accompagné une adhérente du Choix en Suisse
Je remercie aussi Monique de sa confiance : Monique a multiplié les témoignages dans divers médias et lors de la réunion publique organisée à l’occasion de la réunion l’AG du Choix le 29 novembre dernier. En prévision d’une éventuelle indisponibilité, elle était auparavant venue à mon domicile où nous avions enregistré son témoignage.
Mes pensées vont à ses proches, dont certain·e s l’ont accompagnée jusqu’à Bruxelles.
Jacqueline Laurent 11.01.2026
À sa famille, à ses proches, nous adressons nos pensées les plus sincères et l’expression de nos plus profondes condoléances.
MERCI DE VOTRE CONFIANCE ET DE VOTRE ENGAGEMENT À NOS CÔTÉS
Ne l’oubliez pas : ce combat est le vôtre !
Nathalie Andrews & Annie Wallet
Co-présidentes







