Nous avons envoyé par mail à l’ensemble des députés la lettre suivante aujourd’hui 16 février :
LOI FIN DE VIE :
CE QUE PERSONNE NE PEUT SAVOIR À L’AVANCE…
Madame la Députée, Monsieur le Député,
Chaque personne réagit différemment à la souffrance extrême : certains décident de continuer à lutter et d’autres préfèrent mourir. Comment, aujourd’hui, alors qu’aucune maladie ne nous invalide, pourrions-nous être certains de notre choix ? N’est-il pas envisageable que nous changions d’avis, comme Paulette Guinchard, Alain Juppé et Gérald Darmanin l’ont fait ?
Prenons le cas de Paulette Guinchard, qui avait pris position contre l’aide à mourir alors qu’elle était secrétaire d’État aux personnes âgées et qui fut diagnostiquée des années plus tard d’une maladie dégénérative rare et incurable. Elle subit alors des souffrances insupportables contre lesquelles le corps médical ne pouvait rien. Et elle, qui, en bonne santé, était contre l’idée d’une aide à mourir, a choisi le suicide assisté en Suisse et a chargé son mari de défendre l’aide à mourir en France.
Il y a également le cas d’Alain Juppé, membre du Conseil constitutionnel, ancien Premier ministre, plusieurs fois ministre et ancien maire de Bordeaux. Il était très réticent à l’idée qu’on puisse choisir la date de sa mort ou de sa fin de vie, parce qu’il pensait que « la vie, c’est Dieu – s’il existe – qui la donne et qui la retire ». Mais il a changé d’avis après l’expérience de la fin de vie de son père, qui a été atteint d’un cancer qui a traîné pendant plusieurs années.
Dans les derniers jours, Alain Juppé l’a vu « se tordre de douleur sur son lit d’hôpital », et il a pensé : « Dans certaines circonstances, la vie est certes sacrée, mais la dignité de la personne aussi. » Maintenant, il pense que pouvoir choisir sa fin de vie est une liberté. « Ceux qui n’ont pas envie d’exercer ce droit n’ont qu’à ne pas l’utiliser. »
Plus récemment, Gérald Darmanin a affirmé qu’il avait évolué sur la question, influencé par sa vie d’élu local et sa vie de fils accompagnant son père en fin de vie. Aujourd’hui, il est favorable au projet de loi tel qu’il a été défendu par Monsieur Olivier Falorni.
Une maladie incurable peut frapper tout un chacun à tout moment. Ce que nous, au Choix, remettons en question, c’est la certitude de ceux qui disent savoir. Ne souhaiterions-nous pas pouvoir choisir de vivre ou de mourir si, par malheur, nous nous trouvions dans une de ces situations tragiques ?
Si ces cas de changement d’avis ne suffisent pas à vous convaincre du bien-fondé de l’aide à mourir et que diverses objections surgissent dans votre esprit, nous vous invitons à lire notre argumentaire :
… et à lire notre document factuel sur la réalité sur l’aide à mourir dans d’autres pays :
Ne l’oubliez pas Mesdames et Messieurs les élu(e)s :
les malades, vos électrices et électeurs, comptent sur vous
Veuillez agréer, Madame la Députée, Monsieur le Député, l’expression de notre respectueuse considération.
Keith Lund
Membre du conseil d’administration du Choix








